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 Spéculation et crises : ça suffit !

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phénix du bent
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Jeu 5 Mar - 23:44

Encore deux trois petites choses, ô combien dérisoires en comparaison de l'événement Zockra, des performances inégalées du Tica, ou bien encore de l'art du graissage et du rayonnage, mais tout de même...
danse
l'UE craint la faillite de certains Etats membres
http://www.lesmotsontunsens.com/ue-faillite-etats-europeens-document-confidentiel-3424

Citation :
Le Daily Telegraph du 11 février affirme qu'un document confidentiel de la commission européenne relève un risque systémique majeur pour l'ensemble du système bancaire européen. "Les estimations des dévaluations d'actifs attendues suggèrent que le coût budgétaire à supporter par les Etats pourrait être très élevé" affirme le document préparé lors d'une réunion confidentielle des ministres des Finances. Pour certains États membres, les gouvernements pourraient avoir à recapitaliser les banques en urgence. Problème : dans certains pays, le secteur bancaire est totalement surdimensionné et les Etats ne seraient plus à la hauteur.

Au moins sept pays de l'UE candidats à la faillite

Si aucun pays n'est cité explicitement, il ne fait guère de doute que les candidats à la faillite sont l'Irlande, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède et la Grande-Bretagne. Interrogés par le quotidien britannique, les responsables européens se sont refusés à tout commentaire. Mais il semble clair, selon le Telegraph, que Bruxelles se préoccupe au plus haut niveau du risque de faillite des États faibles.
danse
Une journée de catastrophes ordinaires - Les doigts dans la crise...
http://www.lesmotsontunsens.com/hier-crise-econnomique-cac40-bourse-banque-aig-hsbc-3559

Citation :
Hier, au chant du coq, Bercy a publié une nouvelle estimation de l'évolution du PIB pour 2009, désormais attendu en repli de 1,5%. Cette prévision tend (enfin) à se rapprocher de celles de la Commission européenne (-1,8%) et du FMI (-1,9%). Hier encore, l'Etat a revu à la hausse le nombre de destructions d'emplois prévues pour l'année en cours : 300 000. Et cela bien que la population active commence à diminuer, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, sous l'effet du départ à la retraite de la génération du baby-boom. Du coup, le déficit public est projeté à 5% du PIB, bien plus que les 4,4% prévus initialement, et que les 3% visés par le Pacte de stabilité européen. En conséquence de quoi, son montant dépassera allègrement les 100 milliards d'euros, contre 50 milliards en... 2007 !

AIG fait disparaître 460.000 dollars par minute

Hier, les Etats-Unis se sont réveillés en plein cauchemar. Trois jours après la nationalisation de Citigroup, le monstre américain de la réassurance AIG (74 millions de clients dans 130 pays), a annoncé avoir perdu 100 milliards de dollars en 2008, dont 60 milliards pour le seul quatrième trimestre ! Soit 460.000 dollars par minute, tout de même. L'administration l'a déjà renfloué à hauteur de 150 milliards en novembre 2008 mais rien n'y fait. Une nouvelle aide directe de 30 milliards a été décidée. Ce qui porte à 180 milliards de dollars l'aide allouée au groupe en 4 mois. Peu r(é)assurant...

HSBC : la grande qui rapetisse

Hier, la banque britannique HSBC, premier groupe bancaire européen, a annoncé une chute de 70% de son bénéfice net ainsi qu’une augmentation de capital de 14,2 milliards d'euros, à prix bradé. Les résultats dans le vert seraient plutôt encourageants si cette banque n'était pas réputée pour être une des plus sûres d'Europe. Difficile de comprendre, dès lors, la raison qui a poussé HSBC à repousser une offre d'aide gouvernementale à moindre frais, il y a quelques semaines. De plus, cette annonce intervenant quelques jours après celle de la perte historique de plus de 28 milliards de livres de Royal Bank of Scotland (RBS), les marchés ne se montrent guère confiants.

L'Europe de l'Est se rapproche

Hier, l'Europe de l'Est est entrée en dépression. Car l'Union Européenne a repoussé, dimanche, l'idée d'un plan global de soutien au secteur bancaire de 160 milliards d'euros. Pourtant, si le PIB global de l'Europe de l'Est atteint tout juste 10% de celui de la zone euro, son secteur bancaire est totalement disproportionné. En clair, les Etats n'ont plus les moyens de le soutenir, alors qu'il montre des signes d'affaissement. Le hic, c'est que les banques européennes sont engagées à hauteur de 1600 milliards d'euros dans le circuit financier de la zone... Et l'Autriche en subit déjà les conséquences.

Retour vers le futur ou... aller-simple vers le passé

Du coup, hier, au son de la cloche, les bourses mondiales ont sombré. Wall-Street a flanché de 4,2%, enfonçant la barre hautement symbolique des 7000 points pour retrouver ses niveaux de 1997. Les bourses européennes, petites joueuses, se sont limitées à 2003. Sauf que le CAC 40 est à seulement sept petits pourcents d'une faille spatio-temporelle qui la renverrait à ses plus bas de janvier 1997.
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1000 milliards de dollars : le discret fiasco des fonds de retraite US
http://www.lesmotsontunsens.com/1000-milliards-dollars-discret-fiasco-fonds-retraite-us-3585
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Colibri
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Ven 6 Mar - 0:14

Mouais, dans tous ces chiffres, n'oublions pas que tout ça n'est qu'une histoire de confiance, et que tous ces articles ne font qu'attiser les peurs qui nous paralysent.

On est toujours là avec nos deux bras et nos deux jambes, ainsi qu'un certain potentiel de travail (même si contre-productif pour certains ^^), alors elle est où, la crise, hein ?
Certaines entreprises vont bien (très) et attendent quelques temps pour mettre en place des investissements prévus, tout ça à cause des propagandistes de la crise..

Si il y a un flashing over (retour de flamme) de la part de ce gentil système capitaliste, on a qu'à le fiche par terre et faire autre chose. On arrive bien à annuler la dette de certains pays pauvres non ?

J' "adore" aussi comme l'Europe est devenue le dieu tout puissant. Elle décide, elle réclame, elle tranche, mais qui est-elle au juste ? N'est-elle pas censée être le fruit de l'espoir des pays membres de vivre ensemble et en bonne santé ? A qui profite-t-elle ??

Vivement que le "vrai" travail (comprendre pas celui de trader) soit remis au goût du jour ! A une époque le travail servait à répondre à nos besoins : ce que l'on avait, on l'avait fabriqué.

La vie ne subit pas de crise, la terre produit toujours, l'eau coule dans nos rivières, il y a juste un système ripou qui se meurt, et c'est tant mieux. On a un choix possible, de plus en plus marqué, celui de faire rentré la vie dans nos valeurs, ou de continuer à bosser pour une système déséquilibré.
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Ven 6 Mar - 13:06

colibri a écrit:
n'oublions pas que tout ça n'est qu'une histoire de confiance, et que tous ces articles ne font qu'attiser les peurs qui nous paralysent.
Arf, c'est cela, ayons confiance, comme le sage troupeau que l'on mène aux pâturages et parfois aussi (mais c'est pas bon pour la confiance de ruminer ces choses là), et parfois donc, à l'abattoir...

Citation :
Certaines entreprises vont bien (très) et attendent quelques temps pour mettre en place des investissements prévus, tout ça à cause des propagandistes de la crise..
Google ? Areva ? Total ? Suez ? Haliburton ? Monsento ? Dassault ? Blackwater ?...

Citation :
On arrive bien à annuler la dette de certains pays pauvres non ?
Non ! Un pays pauvre est par définition (et surtout par un processus "néo"colonialiste bien rodé) dépendant des "aides" extérieures dont il est redevable ad vitam.

Citation :
Vivement que le "vrai" travail (comprendre pas celui de trader) soit remis au goût du jour ! A une époque le travail servait à répondre à nos besoins : ce que l'on avait, on l'avait fabriqué.
Boarf, à d'autres époques (les plus longues et les plus nombreuses en fait) le travail était exclusivement dévolu aux esclaves ou aux cerfs et était totalement indigne des citoyens ou des seigneurs. La "valeur" travail doit remonter à la révolution bourgeoise et perdure depuis dans l'hypocrisie la plus totale...

Citation :
La vie ne subit pas de crise, la terre produit toujours, l'eau coule dans nos rivières, il y a juste un système ripou qui se meurt, et c'est tant mieux.
Arf, sauf que le système ripou qui se meurt entraîne inexorablement dans sa tombe tout l'éco-système...
La vie sur terre subit sa 6e crise d'extinction massive des espèces, du seul fait de l'homme...
Les terres arables subissent l'érosion et la pollution massive et durable partout sur le globe...
L'eau qui coule dans nos rivières dégueule de nitrate (Bretagne) de PCB (Rhône) ou bien encore de mercure (fleuve Maroni)...

Allez les jeunes, répétez radieusement après vos aînés : TRAVAIL - CONFIANCE - PATRIE PSG help
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Colibri
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Ven 6 Mar - 15:30

Pfff. Continue l'auto flagellation puisque tu aimes ça. Bouuh ya rien de bien dans ce monde, et pis tant qu'yaura du mal je veux pas voir qu'il y a du bien, bouuuuh je m'appelle aka !

Alors qu'en faisant, pour une fois, attention au bien, ça le renforce.. si toutefois il y a "bien" et "mal".
En postant sans cesse des lignes et des lignes de textes alarmistes, qui emprisonne ? démoralise ? enferme dans la peur nous transformant ainsi en.. moutons, justement ?

Ca a toujours été, et c'est toujours, la Peur, qui gouverne. Qui l'entretien sur ce forum ??
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Ven 6 Mar - 22:56

« Il y a une chanteuse qui s’appelle Lorie,
et je crois que comme elle, nous devons adopter
la « positive attitude ». »
J.P.R.


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chakiroul
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Sam 7 Mar - 3:27

colibri je crois que les interventions d'aka ne sont pas à prendre au premier degré, car lui-même, entre les postages alarmistes, continue de vivre son petit bonhomme de chemin ; mais il a sans doute besoin de décompresser comme nous tous

à aka : marrant ta parodie du tableau d'Edward Munch ; le personnage ressemble à Jean-Pierre Raffarin, mis en boîte en son temps par un photo-montage d'une fausse boîte d'un médicament appelé "raffarinol ??"

quant à la valeur travail, c'est tout simplement le produit d'une force par la distance de déplacement de son point d'application ; c'est à cette valeur-là que fait bien évidemment référence colibri, le travail consistant à déplacer la grelinette pour arracher les patates
alors si cultiver ses patates pour les manger c'est une valeur bourgeoise...

si on continue le raisonnement par là on finit par conclure que les rentiers qui ne travaillent pas sont de grands alternatifs

c'est marrant tous ces syllogismes ça me rappelle un pote YB qui arrive toujours à tourner les choses dans le sens qui l'arrange ; et... oui je sais, je n'ai pas vérifié la définition de syllogisme
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Lun 9 Mar - 0:33

chakiroul a écrit:
[...] on finit par conclure que les rentiers qui ne travaillent pas sont de grands alternatifs
Toutafait-toutafait... yeah

BONNE ANNÉE 2009
La grande arnaque
PAR IVAN DU ROY (17 FÉVRIER 2009)

http://www.bastamag.net/spip.php?article440


Citation :
Un prêt de 6,5 milliards d’euros sera accordé par l’Etat à Peugeot et Renault « pour financer leur effort d’innovation » (doit-on comprendre que les PDG Carlos Ghosn et Christian Streiff, respectivement rémunérés 3,4 millions et 1,9 millions d’euros par an pour leurs incomparables compétences, auraient bêtement ignoré toute stratégie « d’innovation » ?). Peugeot a annoncé entre 6000 et 7000 suppressions d’emplois, tout en versant à ses actionnaires 342 millions d’euros de dividendes pour 2008. Idem pour Renault : 4900 suppressions d’emplois en France (9000 « départs volontaires » en Europe) et plus d’un milliard d’euros aux actionnaires. Ceux-ci, qu’ils comptent des titres Peugeot ou Renault dans leurs portefeuilles boursiers, ont perçu plus d’argent en 2008 qu’en 2007. Vive la crise !

Citation :
La palme de l’hypocrisie est remportée par le 3ème groupe pharmaceutique mondial Sanofi-Aventis qui récompense ses investisseurs à hauteur de 2,7 milliards d’euros – dont Total (12,6%) et L’Oréal (8,7%) - tout en poussant vers la sortie 1300 de ses salariés. Suivent Arcelor-Mittal et le groupe PPR (La Redoute).

Citation :
Deux autres cas méritent d’être développés : celui de GDF-Suez et de Total. On a beaucoup parlé des méga profits de la compagnie pétrolière : 14 milliards d’euros, dont près de 5 milliards sont reversés aux actionnaires. En matière de dividendes, le pétrolier est talonné par GDF-Suez. L’ancienne entreprise publique s’apprête à verser 4,6 milliards d’euros à ses actionnaires (dont l’Etat français, propriétaire du groupe à plus de 35%). Les particuliers abonnés au gaz feront leur compte pour savoir qui a profité des augmentations successives des tarifs : + 4 % en janvier, + 5,5 % en avril et + 5 % en août 2008. Total s’est de son côté rattrapé sur ses marges de raffinage, en particulier sur le diesel. Ces marges sont fixées par la compagnie et sont indépendantes des fluctuations des prix du baril. Une situation dénoncée par l’association] de consommateurs UFC Que Choisir : la marge « sur le diesel a connu une hausse extraordinaire puisqu’elle a doublée entre 2007 et 2008 et a plus que quadruplée entre 2003 et 2008 », explique l’association dans un communiqué du 11 février.

Citation :
Il semble que seuls les Antillais, et en particulier les Guadeloupéens, ont pour l’instant pris conscience collectivement de l’ampleur de l’escroquerie en cours. Seront-ils imités demain par les bentradieux métropolitains ?
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Sam 14 Mar - 1:20

la présence des entreprises du CAC40 dans les paradis fiscaux
http://www.alternatives-economiques.fr/paradis-fiscaux---le-cac40-et-les-paradis-fiscaux_fr_art_633_42326.html


Citation :
Alors que les paradis fiscaux sont de plus en plus montrés du doigt et constituent un sujet clé des discussions du G20 sur la régulation du capitalisme, l'enquête menée par Alternatives Economiques montre que toutes les entreprises françaises du CAC 40 sont fortement présentes dans les pays offrant des services financiers de type « paradis fiscaux » [1] . Avec pratiquement 1 500 filiales offshore, réparties sur près d'une trentaine de territoires, des Bermudes à la Suisse en passant par Malte et Panama et... le Royaume-Uni.

Le secteur financier se révèle être le plus engagé dans les paradis fiscaux. BNP Paribas, le Crédit agricole et la Société générale disposent de 361 entités offshore. Si l'on y ajoute les Banques populaires, Dexia et la Banque postale (présente au Luxembourg), on atteint un total de 467 entreprises. Ce qui représente, en moyenne, 16 % des entreprises de ces six groupes. Les banques françaises s'installent dans les centres financiers offshore pour faire fructifier discrètement et au moindre coût fiscal le patrimoine des personnes aisées, gérer les salaires des cadres à haut revenu en dehors du regard du fisc, accompagner les stratégies internationales des multinationales qui pratiquent « l'optimisation fiscale ».

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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Jeu 2 Avr - 22:51

Le 18 mars 2009 : fin du capitalisme, par Paul Jorion
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2592



Citation :
Si la relance par les taux - c’est à dire le crédit - ne fonctionne pas, comment irriguer l’économie pour la faire redémarrer ? Tout simplement - si l’on ose dire - en distribuant de l’argent. Nous allons donc voir décoller les fameux « hélicoptères »...

Le gouvernement japonais en a déjà décidé ainsi, et devrait allouer 150 dollars à chaque citoyen. Mais la méthode la plus couramment utilisée consiste à racheter des créances, avec de l’argent créé pour l’occasion. Et c’est là qu’intervient la monétisation. Puisque les Etats doivent s’endetter, c’est à dire émettre des bons du Trésor, et que les banques centrales doivent injecter de l’argent dans l’économie, marions les ! La Fed, comme la Banque d’Angleterre et celle du Japon, va donc acheter des bons du Trésor de son gouvernement avec de l’argent qui n’existe pas, et les « apparences » seront sauves.

Le sont-elles vraiment ? La réponse, évidemment, est non. Cet apport de papier monnaie équivaut à une dévaluation de fait, qui ne peut dans l’immédiat être tolérée que parce que tous les Etats étant dans la même situation calamiteuse et devant recourir aux mêmes expédients, personne ne peut s’en offusquer.

Personne vraiment ? Si, en l’occurrence tous les pays échaudés par l’exemple de la crise asiatique et qui ont accumulé des réserves de change en dollars, au premier rang desquels la Chine - quoique pour des raisons différentes - vont voir leur trésor de guerre s’évaporer. Le 18 mars 2009 n’est peut être pas la date de décès du capitalisme, mais il frappe les trois coups ouvrant le deuxième acte de cette crise. Celui de la crédibilité des devises, à commencer par le dollar.
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Mar 7 Avr - 23:23

Paul Jorion* a écrit:
Ce qui est consternant dans les recommandations du G20, dans les plans Geithner, etc. c’est leur incapacité totale à penser les moyens de résoudre la crise en-dehors des sentiers battus. Il semble que pour les décideurs, on se trouve toujours dans le cadre de ce que Jean-Maxence Granier, appelle la « posture B » : « le système survit, bien que difficilement, pour retrouver au bout du compte sa forme originelle ».

[...]

S’accrocher à une représentation de la crise en « posture B » présente plusieurs aspects positifs : les avantages acquis sont préservés et le personnel est maintenu en place. Cela présente aussi un inconvénient majeur : ça ne marche pas. On est passé insensiblement des petits coups de pouce de 2007 d’un montant chiffré en milliards d’euros ou de dollars aux gros coups de pouce du début 2008, puis aux coups de pouce énormes de la fin de l’année se chiffrant désormais en centaines de milliards. Quant à 2009, c’est l’année des « kolossal » coups de pouce, aux montants exprimés cette fois en « trillions » d’euros ou de dollars. Et malgré l’ambition de plus en plus pharaonique, toujours pas la moindre lueur au bout du tunnel !

[...]

Les dirigeants affirment que tout peut encore s’arranger alors que les peuples ont compris que plus rien ne sera comme avant. C’est une très mauvaise chose quand le courant ne passe plus entre les peuples et leurs représentants. Qui pourra leur faire comprendre que le moment n’est plus aux « kolossal » coups de pouce : qu’il faut trouver autre chose, que le moment est venu pour la réflexion de sortir des sentiers battus ?

Source : http://www.pauljorion.com/blog/?p=2689
* Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions.
Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez.
Votre soutien peut s’exprimer ici.
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Lun 21 Sep - 17:43

Alors, en cette radieuse rentrée 2009, la dette mondiale "publique" s'élève au minimum à la bagatelle de 35.000 milliards de dollars...
http://buttonwood.economist.com/content/gdc
pfui
Notre BravePatrie se démène dans le peloton de tête pour tirer ce chiffre toujours plus profond vers les abysses avec une dette nationale de 2.000 milliards de $ (1.300 milliards d'€), soit 32.000 $ (22.000 €) par Sarkozien moyen.
(« Selon le Rapport Pébereau sur la dette publique, l'application des normes comptables des entreprises privées aboutit à un montant supplémentaire de dette compris entre 790 et 1 000 milliards d'euros » dixit Wikipédia)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France
à la une et la deux
Citation :
Le service de la dette représente le paiement annuel des échéances (capital plus intérêts) des emprunts souscrits. La charge de la dette représente le paiement des intérêts seuls ; elle se montait à 47,4 milliards d'euros pour l'année 2005, soit la presque totalité de l'impôt sur le revenu payé par les Français (...). Cette charge était en 2005 le deuxième poste budgétaire de l'État français, après celui de l'Éducation nationale et avant celui de la Défense. En 2006, et pour l'État seul, la charge des intérêts de la dette était de 39 milliards d'euros,(...). La charge des intérêts se montait en 2007 à plus de 50 milliards d'euros (...). Il s'agit de l'équivalent du déficit public.
Le remboursement du capital de la dette, qui fait partie du service de la dette, représente pour l’État environ 80 milliards d'euros, c'est-à-dire la somme de toutes les autres recettes fiscales directes (impôt sur les société, ISF, etc.). Au total, le service de la dette de l'État représente 118 milliards d'euros, ce qui correspond à la totalité de ses ressources fiscales directes, ou encore, presque à la TVA (environ 130 milliards).
Ceux qui ne se considèrent toujours pas comme d'absolus z'esclaves z'otages d'une économie capitaliste mondiale peuvent radieusement retourner tourner en rond sur leurs sympathiques z'engins à pédalage horizontal...
bargeot

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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Lun 21 Sep - 19:52

Un jour m'sieur Rockfeller, célèbre "branquier" se rendit compte qu'il pouvait prêter de l'argent qu'il n'avait pas. Quelle bonne idée !

"tu veux de l'argent, je peux t'en vendre" ;-) parfaitement illogique pour quelqu'un qui n'a pas d'argent que de vouloir en acheter, mais ça marche du tonnerre ! Il faut dire que dans un monde où la rapidité se fait loi, l'impatience devient un art de vivre.
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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Mer 23 Sep - 23:05

Mélenchon nous parle des Leverage Buy Out (*)
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2795

Citation :
Je parle des LBO. Technique d’achat de société où l’acheteur s’endette à 80% du prix d’achat et se rembourse en dépeçant l’entreprise achetée. C’est à présent la nouvelle bombe qui menace l’industrie et les banques. En effet cette merveille de bidouillage de rapace est doublement explosive : il gonfle la masse de créances à risques dans l’économie et fragilise les entreprises ainsi rachetées par une gestion à court terme qui vise juste à aspirer leur trésorerie.

Or, depuis 4 ans, le marché des LBO a triplé en Europe. 140 milliards d’euros de prêts ont encore été accordés en LBO par les banques en 2007, dont 20 milliards en France. Autant dire que le crédit n’est pas rare pour tout le monde. Avec le retournement de l’activité, une grande partie du système des LBO est menacé d’effondrement. A la fin 2008, 70 % des sociétés sous LBO ne respectaient pas leurs clauses de prêts auprès des banques.

« Continental » en est un exemple annonciateur. C’est à cause du rachat en LBO, grace à 16 milliards d’emprunts, de Continental par le groupe Schaefler, 3 fois plus petit que lui, que l’entreprise est aujourd’hui liquidée. Alors qu’elle est bénéficiaire notamment dans sa branche pneu dont fait partie l’usine de Clairoix.

Aucune leçon n’est pour l’instant tirée pour stopper ces mécanismes destructeurs. Au contraire, c’est justement à un fond LBO, le fond américain HIG, que le gouvernement a confié la reprise de l’usine Molex de Villemur sur Tarn. Tout cela n’a rien de marginal. Il s’agit d’un risque majeur pour la France.

Dans notre pays, près de 5000 entreprises, aussi diverses qu’il est possible de l’être, comme Picard et Arena ou Télé Diffusion de France, et plus de 1,5 millions d’emplois sont aujourd’hui sous LBO. Cela représente une masse d’emplois égale à celle du total des entreprises du CAC40 !

(*) http://fr.wikipedia.org/wiki/Leveraged_buyout

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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Mer 10 Mar - 12:15

le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM) a écrit:
Samedi 6 mars, les Islandais se sont rendus aux urnes pour se prononcer sur la loi « Icesave », qui prévoyait la nationalisation de dettes privées et l’imposition de mesures économiques antisociales afin de trouver les fonds pour rembourser ces dettes. Le CADTM se réjouit de l’écrasante victoire remportée par le Non, avec environ 93% des suffrages exprimés. Cela constitue une victoire importante contre le néolibéralisme.

L’Islande a subi de plein fouet la crise financière et l’Etat a nationalisé les trois principales banques du pays, totalement privatisées en 2003, pour les sauver de la faillite. Le peuple islandais s’est mobilisé massivement pour faire payer le coût de cette crise aux responsables : les banques et les fonds spéculatifs. En août 2009, le Parlement a adopté une résolution pour conditionner le remboursement de cette dette aux « capacités de paiement » du pays. Le CADTM dénonce le FMI et l’Union européenne qui ont pesé de tout leur poids pour renverser cette orientation.

Dans la nuit du 30 au 31 décembre 2009, le Parlement a voté la loi « Icesave », qui visait à confirmer la nationalisation de ces dettes privées et à organiser, via des mesures d’austérité (gel des salaires, diminution des dépenses publiques…), le remboursement intégral (3,9 milliards d’euros) des montants avancés par les Etats britanniques et hollandais pour indemniser leurs « citoyens lésés » par la faillite de la banque en ligne islandaise Icesave en octobre 2008. C’est cette loi que les Islandais viennent de refuser catégoriquement.

Le CADTM reste très vigilant afin que ce choix soit respecté. Rappelons-nous ce qui s’est passé à propos du Traité de Lisbonne : alors que les Français avaient dit Non au Traité constitutionnel européen, le gouvernement français a tout de même fait approuver le Traité de Lisbonne qui l’a remplacé en passant par la voie parlementaire, tandis qu’après un premier vote négatif en Irlande, le gouvernement irlandais a imposé un nouveau référendum afin de parvenir au Oui.

Le CADTM demande au gouvernement islandais de refuser la logique néolibérale tout en garantissant la justice sociale. Pour cela, le CADTM propose une série de mesures concrètes qui pourraient être mises en place rapidement : nationalisation sans indemnisation du secteur bancaire, interdiction de nationaliser les dettes privées, moratoire immédiat sur le remboursement de la dette, mise en place d’un audit intégral de la dette islandaise en vue de répudier toutes les dettes odieuses ou marquées d’irrégularités, impôt exceptionnel sur le patrimoine des grosses fortunes afin de développer des emplois publics socialement utiles et respectueux de la nature… Cela serait conforme à la Déclaration sur le droit au développement, adoptée par l’ONU en 1986, qui stipule dans son article 2 : « Les Etats ont le droit et le devoir de formuler des politiques de développement national appropriées ayant pour but l’amélioration constante du bien-être de l’ensemble de la population et de tous les individus, fondée sur leur participation active, libre et utile au développement et à la répartition équitable des avantages qui en résultent. »


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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Mer 27 Avr - 10:39

Un nouvel et très en verve article du prôfesseur Lordon sur son blog du diplo.
Ça se boit comme du petit lait, celui-là même que l'on donne aux cochons.
Ça en serait presque jubilatoire s'il n'était encore et toujours question in fine de l'assujettissement total de nos tristes z'existence à la rapacité d'une finance mondiale sans foi ni loi...

Partie 1 : après les « PIGS »,
le tour des Etats-Unis et du Royaume-Uni ?
Les deux gros cochons
Ainsi donc il va falloir envisager d’agrandir la porcherie…
Car deux fameux gorets tapent du groin à la porte.

mardi 26 avril 2011, par Frédéric Lordon

http://blog.mondediplo.net/2011-04-26-Les-deux-gros-cochons

Citation :
Résumons-nous : les politiques économiques ne veulent plus que ce que les marchés veulent, mais les marchés veulent trop de choses et finalement ne savent plus quoi à force de vouloir une chose et son contraire. C’est pourquoi ils peuvent ordonner ceci un jour et puis le lendemain cela qui en est l’exact opposé. Moody’s en 2010 n’a-t-elle pas exhorté le Portugal à l’austérité… puis menacé le Portugal pour cause de croissance insuffisante ? Voilà le maître que les gouvernements dits souverains ont élu, voilà de qui ils sont devenus les marionnettes et dont ils ont « décidé » qu’ils épouseraient toutes les foucades comme autant d’imprescriptibles injonctions ; on leur souhaite donc bon courage – et à nous aussi par la même occasion.

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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Ven 12 Aoû - 15:38

Citation :
Alors, en cette radieuse rentrée 2009, la dette mondiale "publique" s'élève au minimum à la bagatelle de 35.000 milliards de dollars...
http://buttonwood.economist.com/content/gdc
pfui
Notre BravePatrie se démène dans le peloton de tête pour tirer ce chiffre toujours plus profond vers les abysses avec une dette nationale de 2.000 milliards de $ (1.300 milliards d'€), soit 32.000 $ (22.000 €) par Sarkozien moyen.
(« Selon le Rapport Pébereau sur la dette publique, l'application des normes comptables des entreprises privées aboutit à un montant supplémentaire de dette compris entre 790 et 1 000 milliards d'euros » dixit Wikipédia)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France
à la une et la deux
2 z'ans déjà... comme le temps passe vite, en dictature économique... il pleut

Le commencement de la fin
« ou le charme absolu de la mondialisation et de ses interdépendances
qui rapprochent les peuples (dans le même bac à mouscaille) »

http://blog.mondediplo.net/2011-08-11-Le-commencement-de-la-fin

Le prôfesseur Lordon a écrit:
(...) la certitude de la catastrophe finale commence à se profiler. C’est sous cette perspective qu’il est plus judicieux de reformuler le problème général de la dette – mais évidemment en de tout autres termes : la mondialisation néolibérale va périr par la dette parce que, à l’encontre de l’idée reçue qui le présente comme la raison économique même, le néolibéralisme est fondamentalement le régime économique du surendettement généralisé. Dette des ménages, dette des institutions financières, dettes des Etats : la dette globale a monstrueusement explosé en vingt ans de mondialisation dans la plupart des pays : de 220 à 500 points de PIB pour le Royaume-Uni entre 1990 et 2010, de 130 à 370 points de PIB pour l’Espagne, de 200 à 350 points de PIB pour la France, de 200 à 280 points de PIB pour les Etats-Unis…

La dette des ménages explose parce que seul le crédit leur permet de rester à flot pour leur consommation courante quand leur revenu est sous compression constante, du fait de la concurrence par les coûts du libre-échange et de la pression actionnariale à la rentabilité financière. La dette des institutions financière explose pour mobiliser l’effet levier et propulser les ROE (Return on Equity, rendement des capitaux propres). La dette des Etats explose sous l’effet du choc récessionniste occasionné par la crise financière, expression parfaite des désordres mêmes du néolibéralisme , mais surtout, en moyenne période, sous l’effet de la contre-révolution fiscale, un autre de ses produits typiques, qui réduit la contribution du capital et des plus fortunés. Vient forcément un moment où cette divergence proportionnelle n’est plus soutenable et où il n’y a plus d’autre solution que des annulations massives – nous en sommes là.

Il y aura alors une période plus ou moins longue de décomposition chaotique avant que la finance, et les gouvernements, ne se rendent à cette solution. (...)

Citation :
(...) Par une ironie dont l’histoire a le secret, le néolibéralisme pourrait donc bien mourir par sa dénégation préférée : la dette – dont il n’a cessé de crier les dangers… quand tous ses mécanismes conduisaient à son emballement généralisé. La création monétaire massive n’est pas une perspective réjouissante en soi. Mais lorsqu’il ne reste plus qu’elle pour extraire un corps social du dernier degré de la ruine – et il ne faut pas douter que l’effondrement bancaire total nous ramènerait en quelques jours à l’âge de pierre –, lorsque, donc, il ne reste qu’elle, il ne faut ni en diminuer les possibilités ni en exagérer les périls.

Mais l’essentiel est ailleurs : il est dans le fait que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, et que seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer –, ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré.
A l’évidence, c’est cette dernière hypothèse qui tient la corde, et puisqu’elle déploie maintenant ses effets avec la force de fatalité du tsunami évoqué en ouverture, il ne reste plus qu’à attendre qu’elle accomplisse pleinement ses virtualités… pour en tirer le meilleur parti : reconstruire les institutions de la création monétaire souveraine, avec tout ce qu’elle suppose et de possibilités rouvertes et aussi de rigoureux encadrements ; réinventer des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme « nationalisation » vers un système socialisé du crédit ; réduire au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation. Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir.


et la Maillard enfonçant le clou du Lordon a écrit:
Car s'il ne fallait retenir qu'une seule chose du passage pourtant très riche et vivifiant de Frédéric Lordon dans mon coin de cambrousse, c'est bien cela : la création de la dette des États est le résultat délibéré de plus de 30 ans de politique capitaliste débridée, opportunément rebaptisée libérale. Il s'agit ni plus ni moins que d'un coup d'état mondial contre l'idée démocratique, car là où règne le mythe de la dette, la volonté des peuples est bafouée, immanquablement. Tout comme les usuriers de l'ancien temps avaient inventé l'esclavage pour dette, les financiers modernes comptent bien utiliser ce biais pour dicter leur loi de la jungle à l'ensemble des peuples du monde.

Il n'y a que fort peu de scénarios de sortie de cette crise démocratique et politique bien réelle, elle. Une sortie par le bas, via l'effondrement cataclysmique du système économique, scénario du pire où les plus faibles serviront de marchepied aux autres; ou une sortie par le haut, plus hasardeuse et problématique, celle de l'insurrection citoyenne, portée par une forte initiative politique, un projet de société viable, une envie d'utopie, non pas comme d'un absolu gravé dans l'airain, mais comme une aspiration légitime vers laquelle nous devons tous tendre.
Omelette au Lordon http://blog.monolecte.fr/post/2011/08/21/Omelette-au-Lordon

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MessageSujet: Re: Spéculation et crises : ça suffit !   Sam 17 Sep - 1:20

Bâtisseurs de ruines...
http://www.monde-diplomatique.fr/mav/119/RIMBERT/21035

Pierre Rimbert a écrit:
Avec trois décennies de recul, l’assujettissement des économies au pouvoir des banquiers paraît limpide. Il procède d’une triple automutilation des Etats. La première intervient à partir des années 1970 lorsque les puissances publiques s’interdisent d’emprunter directement à leur banque centrale ; il leur faudra donc se tourner, à grands frais, vers les marchés. La deuxième découle de l’amputation des recettes fiscales. La troisième dérive de la déréglementation du commerce de l’argent. Dès lors, les institutions de crédit prennent la barre. Au début des années 1990, les profits des banques américaines dépassent ceux de l’industrie manufacturière.(...)

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